1. Accueil
  2. Mvett
  3. Rites traditionnelles
  4. Tenue Traditionnelle – L’Obom Royal
  5. Musiques et Danses
  6. 6. Organisation Traditionnelle
  7. 11. Familles autochtones du Dja-et-Lobo
  8. 10. Structure Ethnique et Groupements
  9. 9. Culture et Spiritualité
  10. 5. Chefs Traditionnels
  11. 4. Histoire du Royaume et de la Chefferie

Culture et tradition du peuple Bulu

Nous vous présenterons les éléments de culture et de tradition du peut bulu en insistant sur ces caractéristiques

Mvett

Mvett Ekang

Le mvett est très important chez les Bulu. Le Mvett est un instrument de musique, il est aussi un rite initiatique, l’ensemble des épopées des ancêtres Ekang, la cosmogonie, la spiritualité, fin le Mvett représente tout. Le Mvett Ekang se décompose en trois éléments principaux : la harpe-cithare (Mvet Oyeng), le musicien-poète (Mbom Mvett) et le texte (Nlang Mvett).

Il est au centre de tout et régit le savoir, les habitudes et comment les Ekang doivent se comporter. Il n’est pas propre au Bulu, mais il est impensable de parler de Bengbis qui est la chefferie supérieur des Bulu, sans parler de leur manière de penser, de Dieu, qui est le Mvett. Le christianisme et l’islam sont des spiritualités d’autres peuples venus s’implanter dans notre écosystème par des contraintes. Ce qui représente réellement nos liens avec Dieu, nos ancêtres et notre philosophie, vision se trouve dans le Mvett. Car au commencement était le Mvett.

Rites traditionnelles

La vie cérémonielle dans la chefferie supérieure Bulu est diverse, composée de rites initiatiques et autres événements importants, elle est extrêmement riche et remplie de profondeur spirituelle et de sagesse. Les Bulu étant des Ekang, ils partagent les mêmes rites initiatiques. Chez les Ekang, les rites initiatiques sont les expressions culturelles datant depuis les premières civilisations et perpétuées par des peuples jusqu'à nos jours bien que certains aient disparu et d'autres muté pour donner place à de nouvelles formes. Ce sont les expressions de transmission de valeurs suivant les rituels établis à cet effet. Nous pouvons citer:

  • Ngii
  • Byeri
  • Melan

Les rites africains en général, ne sont pas des pratiques démoniaques comme nous l'ont fait croire les occidentaux, ils sont des véritables écoles de formation de l'Être entre lui-même et les autres, entre lui-même et le créateur. Si démoniaques étaient nos représentativités, on ne les retrouverait pas dans les grands musées en occident. A réfléchir!

Rites Ekang

Tenue Traditionnelle – L’Obom Royal

Les peuples Bulu, partagent les mêmes vêtements traditionnels avec ses frères Ekang qui est principalement fait avec de l’Obom.

Mode Bulu - Obom

a. Origine et Signification

Tenue traditionnelle

Tenue traditionnelle Fait à base d’écorces d’arbres, l’Obom Royal est un tissu traditionnel originaire du peuple Ékang. Il a une originalité très profonde car, extrait d’un arbre très sacré et précieux appelé Aloa ou encore Andom. Essence rare que l’on ne retrouve que dans la forêt équatoriale au Cameroun, en Ouganda et au Gabon.

b. Processus de Fabrication

La technique d’extraction de l’Obom Royal obéit à un processus et à un travail 100% naturel et bio. Aucun recours d’aucun agent chimique n’y est convoqué. En effet, l’obtention de l’Obom se fait principalement de manière artisanale. Elle débute par l’extraction de l’écorce de l’arbre qui est ensuite placée au feu pour être attendrie. En second, le tissu est ramolli et pilé à l’aide d’un marteau spécial constitué de bois. Seul cet outil particulier, est d’ailleurs adapté pour cette tâche. Suffisamment martelée, l’écorce est trempée pendant plusieurs jours dans de l’eau pour être débarrassée de sa sève tenace. L’écorce sera ensuite soigneusement lissée pour prendre la forme d’un tissu parfait pour la confection des habits. Après cette étape, vient enfin le séchage au soleil. Certains artisans qui se veulent plus minutieux, procèdent au repassage à l’effet d’octroyer un aspect plus éclatant au produit fini. Certains initiés avaient accès à des matières différentes. Le Djô’Bôt se véti de peau de panthère.
Des graines de fruits séchés étaient utilisées pour fabriqués des colliers et accessoires. Pour certains initiés, un collier avec du bois précieux comme l’ébéne est arborés.

Obom Royal – tissu traditionnel Ékang

c. Usages Traditionnels et Modernes

Autrefois, il était utilisé comme un cache sexe. Les plus anciens l’utilisaient comme lianes pour soutenir les cache-sexes. L’on cherchant ainsi à se fondre dans la civilisation et la modernité, l’Obom royal a dépassé l’âge du cache sexe. Considéré comme un tissu royal, il était porté lors des grandes cérémonies et les séances de guérison. Et lors des rituels de so

en particulier, les Mvôn se paraient des pagnes de cette écorce. l’Obom jouait également une rôle d’envergure dans les cérémonies et événements solennels encrés de caractère socioculturel et même religieux.

Plus tard, suite à la conversion dû à l’arrivée des missionnaires vers les années 1879, les peuples bulu ont assisté à une hégémonie et civilisation, laquelle a occasionné le changement des mœurs de ceux-ci. C’est en effet, entre 1969 et 1970, après que les mouvements visant à asseoir l’hégémonie coloniale soient bannis que les populations du Sud vont embrasser l’Obom Royal comme matériau phare de la sacralisation des cultures et des réalisations picturales.

Musiques et Danses

Danses traditionnelles Bulu

Les danses servent de vecteurs pour la transmission des traditions, des savoirs ancestraux et des relations complexes avec le monde spirituel. Chaque danse est caractérisée par un ensemble spécifique de symboles, de chants et de rituels. Certaines d’entre elles exigent une initiation rigoureuse ainsi qu’une maîtrise des interdits, afin de garantir la sécurité des danseurs et danseuses.

I- Les danses initiatiques ou rituelles

Les danses initiatiques ou rituelles sont réservées aux initiés et exigent une prédisposition particulière et une initiation rigoureuse. Les danseurs et danseuses respectent de nombreux interdits pour préserver leur vie, car à travers les chants et les instruments, ils communiquent avec le monde des esprits, qui parfois, peut se révéler dangereux. Ces danses sont des trésors culturels où le public n’est que spectateur, jamais participant.

  • OZILA
  • NLOUP
  • ENYENGUE
  • NDONG MBA
  • MINKENG MI MBON
  • MENGANE
  • MBATWA ou MBATOUA
  • MENDZANG

Il existe trois types principaux de Mendzang :

  • Mendzang me Biang, que Génération Ekang traduit par « la musique thérapeutique »
  • Mendzang me Yekaba
  • Mendzang me Mbek

Les danses de célébration

Cette est particulièrement présente lors des cérémonies de retrait de deuil, où des chants spécifiques lui sont dédiés. Elle s’invite également aux événements festifs et aux spectacles, apportant une touche de tradition et de célébration.

  • OMIAS
  • ESANI / ESANA

III- Les danses de spectacle

Selon le mémoire « Les danses Patrimoniales Bulu, des origines jusqu’à 1972 » à la page 25 : Les danses de spectacles sont des simples divertissements exempts de toute connexion avec l’au-delà. Elles n’excluent aucune catégorie sociale. Cependant, elles excluent toute sacralisation.

  1. La danse BILABA : C’est une danse au cours de laquelle deux adversaires passent en vedette à tour de rôle en rivalisant d’adresse et de dons (avoirs).
  2. BIBOM ou ANYEN chez les Bulu : Essentiellement pratiquées par les femmes lors de l’accompagnement de la mariée dans le clan de son époux eliiti. Deux camps s’affrontaient : celui de la mariée contre celui du marié. A travers les chansons, les messages étaient véhiculés tantôt comme des conseils tantôt comme des moqueries.
  3. EMVALA chez les Bulu : L’initiation des jeunes filles à la danse se fait au moyen de la danse Emvala. La rythmique Emvala est le jeu le plus populaire aujourd’hui au Sud Cameroun dans les moments de divertissement des jeunes filles.

IV- Les danses mystiques avec masque

  • MINKOUK
  • EKEKEK
  • NGON NTANG

V- Les danses populaires

Les danses populaires sont des formes d’expression accessibles à tous, sans exception. Le public y participe. Elles sont des créations contemporaines, découlant des danses ancestrales, mais ne nécessitent ni initiation ni connaissance des mystères. Ces danses et rythmes se distinguent par leur capacité à intégrer des influences et des instruments d’autres cultures, créant ainsi des fusions innovantes.

  • BIKUTSI : Le Bikutsi littéralement « Bi kut si » (Bi = Nous, Kut = frapper ou taper et Si = terre ou sol), « nous frappons le sol à l’aide de nos pieds », est une danse dite « moderne ».

6. Organisation Traditionnelle du Canton Bulu de Bengbis

L’arrondissement de Bengbis abrite :

  • 1 chefferie traditionnelle de premier degré :
    • Chefferie supérieure Bulu de Bengbis (environ 8 000 habitants)
  • 4 chefferies traditionnelles de deuxième degré :
    • Yekombo
    • Yetyang
    • Soo Boulou
    • Makae
  • 60 villages de troisième degré et 5 campements pygmées

11. Familles autochtones du Dja-et-Lobo

Le département du Dja-et-Lobo, dont Bengbis fait partie, regroupe cinq grandes familles :

  1. Les Pygmées (Baka, Bakola)
  2. Les Bulus (présents à Bengbis, Meyomessala et Sangmélima)
  3. Les Fangs
  4. Les Ntumu (Mapfuer)
  5. Les Mvayi (Mabi)

La population Bulu y est majoritaire à Bengbis et Meyomessala, tandis que les Fangs dominent dans Djoum, Oveng et Mintom II.

10. Structure Ethnique et Groupements

Les quatre principaux groupements de la commune sont :

  1. Groupement Bulu du Dja
  2. Groupement Makaï
  3. Groupement Yetyang
  4. Groupement Yekombo

Ethnies principales :

  • Bulu
  • Zamane
  • Pygmées Baka

9. Culture et Spiritualité

La paroisse Notre-Dame-de-l’Assomption de Bengbis, fondée en 1937, constitue un centre spirituel et social majeur.

La culture locale s’exprime à travers :

  • Les danses traditionnelles Bulu,
  • Les rites initiatiques,
  • Les fêtes communautaires marquant les grandes étapes de la vie.

Le chef traditionnel demeure le garant des valeurs et des traditions, assurant la transmission intergénérationnelle du patrimoine culturel.

5. Les Chefs Traditionnels du Royaume

  1. S.M. Étienne Enondji Mvomo — Chef Supérieur historique du canton Bulu de Bengbis, ayant régné durant plus d’un demi-siècle.
  2. S.M. Frédéric Vincent Endezoumou Mvoua — Petit-fils de S.M. Enondji Mvomo, intronisé le 14 mars 2025 après 42 ans de vacances du trône. Dirigeant charismatique, il incarne une nouvelle ère de paix, de modernisation et de rayonnement culturel pour le peuple Bulu.

4. Histoire du Royaume et de la Chefferie Traditionnelle

Création et Statut

  • Création de la commune : 5 juin 1955 (arrêté n°231)
  • Érection en commune urbaine : 1961
  • Reconnaissance officielle de la chefferie supérieure de premier degré : arrêté n°019/CAB/PM du 7 février 1981

Le royaume Bulu de Bengbis est une chefferie traditionnelle de premier degré. Elle représente une autorité coutumière majeure, reconnue pour son rôle dans la préservation du patrimoine culturel, la médiation sociale et la cohésion communautaire.